Les trophées du PIFF 2026. Une commande pour le Perwez International Film Festival
- Emmanuelle Vandenhaute

- 4 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 mars

Le nez comme point de départ :
À l’occasion de ma collaboration avec le Foyer culturel de Perwez, j’ai été invitée à imaginer un trophée original destiné à récompenser les lauréats du Perwez International Film Festival (PIFF).
L’équipe du festival souhaite proposer une alternative au prix financier : un objet sculptural, porteur de sens, capable d'incarner l’esprit du festival.


Un nez comme trophée :
L’idée du nez est née d’une proposition des responsables du festival, Renaud Flemal accompagné de Christian Durie (comité des citoyens), en écho au nom du PIFF : Perwez International Film Festival. Ils désiraient un objet identifiable, à la fois décalé et doté d’une identité forte : un clin d’œil évident au nom du festival, mais aussi un symbole.
Le nez est l’organe du flair, de l’intuition, de la sensibilité. Il renvoie à cette capacité à « sentir » une œuvre, à percevoir ce qui touche, ce qui dérange, ce qui rassemble.
À partir de cette proposition, j’ai laissé la matière guider le geste. Le modelage s’est construit dans un dialogue entre intention et spontanéité, laissant émerger une forme ouverte à l’interprétation.
Une forme entre humain et végétal

J’ai choisi de travailler un nez à la frontière du figuratif. La forme est reconnaissable, presque familière, puis elle glisse progressivement vers autre chose : une présence organique, une évocation végétale, proche de la poire ou du fruit.
Du côté des responsables du Perwez International Film Festival, la sculpture a été perçue comme proche du cartoon. Cette dimension leur a immédiatement parlé : un aspect ludique, expressif, presque narratif, qui fait écho à l’univers du cinéma, de l’image animée et de la fiction.
Cette dimension hybride, entre sculpture contemporaine, symbole et clin d’œil, participe à l’identité singulière du trophée.
Du modèle au moule : étapes de création
Sculpture originale

La première étape a consisté à réaliser le modèle original en terre. Le volume a été pensé pour être lisible sous tous les angles, avec une attention particulière portée aux courbes et aux tensions de la forme. L’enjeu était également d’anticiper sa reproductibilité, puisque la commande prévoyait la réalisation de quatre trophées.
Anticipation du moulage
La sculpture comportant des contre-dépouilles naturelles, notamment au niveau des narines, certaines zones ont dû être ajustées et comblées afin de permettre un démoulage propre et sans risque pour la forme.
Moule en deux parties
Un moule en plâtre en deux parties a ensuite été réalisé afin de permettre la reproduction de la forme initiale. La technique de l’estampage est utilisée pour la fabrication des trophées : chaque pièce est formée à partir du moule puis retravaillée à la main. Ce travail permet de conserver une dimension expressive et sensible, de sorte que chaque sculpture possède sa présence propre, malgré l’utilisation d’un moule.
Etat d'avancement du projet
La réalisation du moule s’est révélée plus complexe que prévu. Ne disposant plus du plâtre adapté au moulage, j’ai d’abord testé un moule avec un plâtre standard de type Goldband. Échec total : le plâtre s’est révélé grumeleux et beaucoup trop épais pour obtenir une empreinte précise. Un second essai avec un plâtre de type MP75 a donné le même résultat.
Je me suis donc rendue à Bruxelles pour me procurer un plâtre spécialement destiné au moulage. Avec ce matériau adapté, j’ai enfin pu obtenir un moule correct.
La suite du travail m’a également donné du fil à retordre. Le moule comportant certaines zones peu définies, la reproduction du nez à la main m’a demandé plusieurs ajustements afin de conserver l’aspect instinctif de la sculpture tout en restant fidèle à la forme initiale.
Les engobes que j’utilise ont également bullé à la cuisson. Pour respecter les délais, j’ai dû accélérer le séchage des pièces en les plaçant dans le four à très basse température. Des fissures sont alors apparues.
Finalement, avec les responsables du festival, nous avons choisi d’appliquer un émail transparent brillant, plutôt que le jaune prévu initialement. Ce choix s’est révélé très juste : le blanc, lumineux, met particulièrement en valeur la forme et les volumes de la sculpture.
Restait encore à concevoir et réaliser les socles. Christian Durie s’est investi dans cette étape du projet : il est allé à la rencontre d’un forgeron local qui a réalisé les quatre socles métalliques. Il en a également assuré le montage final, permettant aux trophées de trouver leur assise définitive.
Au-delà de la récompense, ces trophées deviennent des objets de mémoire : des sculptures qui prolongent l’esprit du festival et la rencontre entre cinéma, intuition et regard citoyens.

Un grand merci à Renaud Flemal et Christian Durie, qui ont accompagné ce projet du début à la fin avec enthousiasme, soutien et sens des solutions.























