top of page
Rechercher

Vous avez dit utile?

  • Photo du rédacteur: Emmanuelle Vandenhaute
    Emmanuelle Vandenhaute
  • 18 oct. 2025
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

À l’heure où tout doit servir à quelque chose, le geste du tournage propose une autre forme d’utilité.


Quand les mains écoutent la matière

Sur le tour, tout commence par le toucher. Le contact direct avec la terre nourrit la peau et éveille les sens. L’eau, toujours présente, accompagne le geste : elle adoucit, relie, fluidifie. Le corps entre pleinement en jeu. Pour tourner juste, il faut être centré, ancré, aligné. Le mouvement naît du corps autant que des mains.


Monter un pot a quelque chose de profondément magique. Monter, c’est aussi se redresser. La forme s’élève, portée par un équilibre subtil entre force et finesse, liberté et rigueur. La technique est indispensable, mais elle ne suffit pas. C’est avec le temps, petit à petit, que le geste s’affine, que la main apprend à écouter la matière.


Sur le tour du potier, la terre devient toile. Les mains sont les pinceaux, le tour est le chevalet. La forme est le trait, l’émail en est la couleur. Tourner un bol, un vase ou une assiette n’est jamais un simple acte de fabrication. C’est un art du geste, fruit d’années de pratique, où chaque mouvement doit être à la fois précis, fluide et habité.


Chaque création naît d’un dialogue constant entre la main et la terre, entre maîtrise technique et intuition, entre exigence et lâcher-prise. Le geste juste ne s’impose pas : il émerge, nourri par l’expérience, les erreurs, l’écoute et la présence à la matière.


Mon souhait est simple et exigeant à la fois : faire naître des formes singulières, vivantes.





 
 
bottom of page